Modulable, recyclable et 100% connecté : voici le futur TGV

Recyclable à 97%, plus aérodynamique, capable de réguler l’utilisation de l’énergie à bord en fonction du nombre de passagers, le TGV M promet de réduire de 20% la consommation d’énergie et d’améliorer le bilan carbone de 37% par rapport aux rames actuelles. Son  déploiement en France s’échelonnera sur dix ans à partir de 2024.

Pour les quarante ans du train à grande vitesse de la SNCF, le président Emmanuel Macron a dévoilé, le 17 septembre, une maquette grandeur nature de la motrice du TGV M que la SNCF prévoit de mettre sur les rails en 2024. Venu en compagnie des ministres de l’Économie Bruno Le Maire, de la Transition écologique Barbara Pompili et des Transports Jean-Baptiste Djebbari, Emmanuel Macron a salué «une fierté industrielle» et «une fierté humaine», illustration du «génie français», au service de l’aménagement du territoire.

Un nouveau profil pour un nouveau train

Haute efficacité énergétique, 100% connecté et totalement modulable, le TGV du futur  est un concentré d’innovations. Il a bénéficié du savoir-faire des experts de Voyages SNCF et Alstom et sa mise en circulation est prévue en 2024. Même s’il ne sera pas plus rapide (320 km/h), la SNCF l’a voulu plus confortable, plus modulable, plus « vert » et plus économe.

Côté modèle économique justement, grâce à une architecture plus compacte, simplifiée et rationalisée, le TGV M, dont la motrice est sortie des ateliers d’Alstom à Belfort, bénéficie de coûts d’acquisition et de maintenance réduits pour une plus grande capacité d’accueil de voyageurs.

Le renvoi d’énergie vers la caténaire lors du freinage, l’éco-conduite, mais également la forme toujours plus aérodynamique du « nez » pour une meilleure pénétration dans l’air, autorisent une économie d’énergie de l’ordre de 20 %.

4ᵉ génération de TGV

Ce nouveau train se caractérise par des nouveautés majeures dont, pour commencer, une surface à bord augmentée de 20%, soit une offre possible de 740 places maximum contre 600 maximum aujourd’hui. Sa modularité inédite permet d’ajuster le nombre de voitures (7, 8 ou 9), de transformer un espace 1re en 2de classe, de reconfigurer l’intérieur en enlevant ou ajoutant des sièges, des espaces vélos ou des bagages…

TOUJOURS PLUS DE CONFORT, DE FLEXIBILITÉ, D’ACCESSIBILITÉ, MAIS AUSSI D’EXCELLENCE ENVIRONNEMENTALE

Le nouveau TGV présente d’autre part une efficacité énergétique et un bilan carbone par voyage ultra-compétitif d’après la SNCF, le bilan carbone de TGV M est d’ailleurs le plus faible du marché et 97% des composants de la rame sont recyclables.

Le TGV M est aussi le premier TGV qui, dès le début de sa conception, a été pensé en étroite collaboration avec les associations d’usagers en fauteuil roulant (UFR), et sera ainsi le premier TGV à offrir une accessibilité au train en complète autonomie.

« Nous nous donnons une ambition pour le TGV de demain : répondre toujours mieux à vos attentes, avec toujours plus de confort, de flexibilité, d’accessibilité, mais aussi d’excellence environnementale », annonce Christophe Fanichet, Président-directeur général de SNCF Voyageurs.

Il permet enfin un accès à des services connectés évolutifs qui répondent aux besoins des voyageurs comme le Wifi à bord, ainsi qu’une information complète et en temps réel dans les différents espaces de la rame. Côté maintenance préventive, il assure la transmission, là encore en temps réel, des informations sur les différents organes de la rame.

100 rames pour près de 3 milliards d’euros

La SNCF a confirmé la commande de 100 rames à Alstom, en juillet 2018, pour un montant de près de 3 milliards d’euros. Depuis 1981, date de sa mise en service, le groupe a acheté 549 rames pour environ 15 milliards d’euros, commente son PDG Jean-Pierre Farandou. « Au total, la SNCF a investi plus de 100 milliards d’euros pour le TGV. C’est un investissement considérable au service de l’économie française et des territoires ». Il ajoute qu’avec le TGV, « la SNCF a créé de la richesse et changé la vie des Français ».

En effet l’évolution a été spectaculaire. Les trains à grande vitesse ont mis Paris à 2 heures 40 de Lyon en 1981 puis à 2 heures en 1983, contre 3 heures 40 pour les trains les plus rapides auparavant. Et la fréquentation s’est envolée de 7,2 millions de voyageurs en 1982 à un peu plus de 20 millions en 1991 et près de 41 millions en 2012. Avec 3 milliards de passagers transportés depuis 1981, la grande vitesse a été un succès incontestable et pourtant aujourd’hui le groupe affiche une perte nette de 3 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires de 30 milliards, en recul de 14 % par rapport à 2019. Pour Jean-Pierre Farandou, « il faut faire repartir le TGV vite et fort » !