Mobilité et modes de vie post-COVID : à quels changements aspirent les 18-34 ans ?

Avec le soutien de cinq de ses membres - Accenture, CGI, Kantar, Michelin et Microsoft- Movin’On a souhaité comprendre les conséquences de cette crise sanitaire unique sur la mobilité des jeunes, leurs envies et leurs attentes.

 

Les résultats de cette étude qualitative constituent un véritable carnet de tendances, qui donne certaines clés pour mieux comprendre les enjeux de la mobilité de demain vus par ces jeunes générations. Il y a un peu plus d’un an, elles descendaient dans la rue, appelant les gouvernements à agir pour le climat, à repenser leurs politiques, à prendre leurs responsabilités. Et puis la COVID a frappé : tout le monde chez soi !

 

QUATRE enseignements majeurs ressortent de cette étude qualitative, menée en Europe et en Amérique du Nord :

 

 

1- La Génération Z est plus pragmatique qu’idéaliste. Elle ne rejette aucun moyen de transport, y compris la voiture. Il s’agit de la première génération réellement multimodale.

 

Engagés, mais pas utopistes, les jeunes interrogés cherchent d’abord à répondre à leurs besoins en termes de commodités et de coûts. Puis ils se tournent naturellement vers les modes de transport les moins polluants et les plus inclusifs. Ils restent cependant très attachés à l’idée de posséder une voiture, autant que l’étaient les générations précédentes, pourvu qu’elle soit propre.

 

Ces natifs du numérique sont ainsi la première génération à embrasser pleinement et véritablement la multimodalité. Ils veulent tous les moyens de transport. Ils ont l'état d'esprit approprié, l’accès facile aux différents modes de transport, l'agilité nécessaire pour choisir la bonne solution de mobilité pour la bonne occasion, et la volonté de changer les règles du jeu.

2- La COVID a été un frein à la mobilité évident. Mais c’est aussi un accélérateur de tendance : mobilité choisie, hausse de l’usage du vélo, marche, voiture propre...

 

Les réflexes de protection qui ont émergé avec la COVID n’ont pas épargné cette génération. Cela s’est traduit par un retour à des modes de transport individuels et une défiance croissante à l'égard des transports collectifs.

 

Mais la COVID a également été un accélérateur de tendances, avec une hausse de l’utilisation du vélo et le développement de la marche, les deux bénéficiant de nombreux arguments en leur faveur : activité de plein air et physique, transport bon marché et durable, sécurité sanitaire.

 

 

Outre les moyens de transport, la pandémie a accéléré la transition vers une mobilité moins subie et plus choisie : reconsidérer la présence quotidienne au bureau, limiter ses déplacements contraints et donc adapter ses modes de transports, vivre localement.

3- Cette génération veut changer les choses, mais sans renoncer à la notion de plaisir. Les 18-34 ans sont en faveur d’une vie quotidienne dans un rayon de 15 minutes autour de chez eux. Mais veulent continuer à découvrir le monde... autrement

 

En remettant en question la nécessité de chaque déplacement, la COVID a fortement influencé la mobilité  du quotidien... Ces jeunes urbains souhaitent se libérer des mobilités contraintes matin et soir, retrouver dans leur quartier une vie de village et pouvoir s’organiser au quotidien dans un rayon de 15 minutes autour de chez eux. L’occasion de privilégier les modes de transports sains et de mettre à profit la possibilité de travailler de chez soi.

 

Dans leur mobilité, comme dans leur mode de vie, les notions de plaisir et de sens sont désormais clés. C’est dans le même état d’esprit qu’ils envisagent les voyages longue distance : continuer à voyager pour découvrir le monde. Leur mentalité durable les amènera à voyager moins souvent, mais plus longtemps. Et ils imaginent pour cela des « voyages hybrides » où travail et tourisme seraient savamment mélangés et assumés.

4- La mobilité durable est un Everest, qui suppose d’unir les forces : les jeunes ont des attentes fortes vis-à-vis des pouvoirs publics, des villes et des entreprises pour agir avec eux et accélérer les choses.

 

Cette génération est prête à apporter de nombreux changements dans ses usages de la mobilité. Mais lorsqu'il s'agit d'infrastructures, d'innovation, d'urbanisme, de sécurité... ils se sentent impuissants pour agir. Ils attendent des acteurs publics et privés qu’ils se mobilisent, et les écoutent. Les attentes sont différentes en Europe -plus tournées vers les pouvoirs publics avec une méfiance vis-à-vis des GAFAs- et en Amérique du Nord -plus orientées vers les entreprises privées.

 

Le point commun des deux côtés de l’Atlantique est l’implication attendue des employeurs, qui doivent s'impliquer pour favoriser une autre mobilité pour leurs équipes (subventions, développement du télétravail, infrastructures partagées, ...).

 

Cette génération veut faire partie du changement et fera pression avec toute son influence pour faire bouger les choses : en tant que citoyens, employés, clients et acteurs de la mobilité.

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