COP27 : la question des financements au cœur des débats

La 27e conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques se tiendra en Égypte du 6 au 18 novembre 2022. Elle  vise à renouveler la solidarité entre les pays afin de concrétiser l'accord historique de Paris. Le GIEC apporte ses préconisations pour diminuer les émissions de 27 à 43 % d’ici 2030.

Du 6 au 18 novembre, chefs d’État, ministres et négociateurs, des militants pour le climat, des maires, des représentants de la société civile et des chefs d’entreprise se réuniront dans la ville égyptienne de Charm el-Cheikh pour le plus grand rassemblement annuel sur l’action climatique.

La COP27- 27e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques- s’appuiera sur les résultats de la COP26 pour agir sur un éventail de questions essentielles afin de faire face à l’urgence climatique. Cela va de la réduction des émissions de gaz à effet de serre au renforcement de la résilience et à l’adaptation aux conséquences inévitables des changements climatiques. Une autre question cruciale abordera le respect des engagements à financer l’action climatique dans les pays en développement.

Réduire la demande énergétique

Selon le sixième rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), l’objectif de 1,5 °C par rapport au niveau préindustriel  est inatteignable avec les engagements actuels. D’après l’ONU, le réchauffement serait plutôt à +2,7 °C. Le GIEC apporte ainsi ses préconisations pour diminuer les émissions de 27 à 43 % en 2030 et de 63 à 84 % en 2050.

Afin de réduire les émissions de CO2, améliorer la qualité de l’air et la santé des citoyens, le GIEC incite forcément à la sobriété. Il s'agit concrètement de réduire la demande énergétique en adoptant par exemple une meilleure isolation, en généralisant des pratiques vertueuses comme le covoiturage, en limitant le gaspillage ou encore en réduisant sa consommation de viande.

En fort développement depuis les années 2000, le marché du covoiturage est aujourd’hui en train de connaître en France un véritable essor, et un engouement croissant de la part des usagers qui apprécient ses avantages économiques, écologiques et son aspect convivial. Aujourd’hui, on estime que 900 000 personnes covoiturent chaque jour pour aller travailler, selon le site du Ministère de la Transition écologique. C’est sûrement un début.

Sortir des énergies fossiles

Le vendredi 21 octobre 2022 le président Emmanuel Macron annonçait que la France allait se retirer du Traité de la Charte de l'Energie (TCE), un accord international très protecteur des investissements privés dans les énergies fossiles. Ce traité, signé en 1998, pousserait les gouvernements à ne pas lancer de nouvelles lois pour lutter contre le réchauffement climatique et irait à l’encontre des Accords de Paris, indiquent plusieurs organisations environnementales.

Cause principale du réchauffement climatique, les énergies fossiles et notamment la concentration de particules fines mettent en danger 99 % de la population mondiale relève l’ OMS.

LES FINANCEMENTS POUR LA DÉCENNIE 2020 DEVRAIENT ÊTRE 3 À 6 FOIS PLUS IMPORTANTS QUE LES NIVEAUX ACTUELS

Face à une crise énergétique croissante, à des concentrations record de gaz à effet de serre et à des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus nombreux, la COP27 cherchera à renouveler la solidarité entre les pays et à matérialiser les engagements historiques pris avec l’Accord de Paris, en 2015 pour les personnes et pour la planète.

D’après le rapport du GIEC, les investissements requis pour limiter le réchauffement sont moins élevés que les répercussions de notre inaction. Les financements pour la décennie 2020 devraient d’ailleurs être « 3 à 6 fois plus importants que les niveaux actuels ». Afin d’entamer une transition énergétique efficace, le GIEC opte pour la généralisation des énergies renouvelables, de la finance verte, requiert la mise en place d’une économie circulaire et l’amélioration de la gestion des déchets.

POUR QU’ILS PUISSENT FAIRE FACE AUX IMPACTS DÉVASTATEURS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE, LES RÉGIONS DÉVELOPPÉES DOIVENT APPORTER UNE AIDE FINANCIÈRE AUX PAYS VULNÉRABLES

Les pays développés sont responsables du réchauffement souligne l’ONU, mais ce sont les pays en développement qui en subissent les conséquences de plein fouet. Le Pakistan, par exemple, cinquième pays le plus peuplé au monde, ne représente que 0,8% des émissions de gaz à effet de serre, mais figure parmi les pays les plus menacés par les phénomènes météorologiques extrêmes.

« Pour qu’ils puissent faire face aux impacts dévastateurs du changement climatique, les régions développées doivent apporter une aide financière aux pays vulnérables. » Le GIEC mise ainsi sur la coopération nationale et internationale. Toutefois les pays riches n'ont  pas tenu leur engagement d'une aide climatique de 100 milliards de dollars par an - objectif initialement fixé pour 2020 - afin d'aider les pays pauvres à réduire leurs émissions et à s'adapter.

Les pays en développement, les plus affectés mais aussi les moins responsables du réchauffement, demandent la création d’un nouveau mécanisme de financement. Une requête à laquelle s’opposent les pays occidentaux, notamment les Etats-Unis, précise lemonde.fr.

Dans un texte adopté en vue de la conférence de la COP27, Les Vingt-Sept pays d l’UE ont cependant adopté, le 24 octobre, une position commune pour la COP27, se disant prêts à relever leurs propres objectifs climatiques « dès que possible » et se déclarent « ouverts » à un renforcement de l'aide financière européenne aux pays en développement, victimes et non coupables des émissions de CO2.

Capter les émissions carbone

À l’heure où la planète ne parvient plus à capter toutes nos émissions de CO2, le GIEC préconise la création de puits de carbone naturels afin de préserver les écosystèmes. Cela passe aussi bien par la plantation d’arbres que par l’utilisation de la technologie pour extraire le CO2 de l’atmosphère.

Une fois de plus, mentionne Libération, « la communauté scientifique s’insurge contre l’inaction des gouvernements face aux inégalités climatiques. » Une lettre ouverte, écrite par 16 rédacteurs en chef des plus prestigieuses revues scientifiques a été publiée dans 250 revues biomédicales le mercredi 19 octobre. Les signataires s’adressent de cette façon aux leaders mondiaux pour exiger des mesures en faveur des pays africains : «L’action doit commencer maintenant, et elle doit commencer là où la crise fait le plus de mal, en Afrique», a déclaré le professeur Lukoye Atwoli, directeur associé du Brain and Mind Institute.

L’Égypte qui va organiser la COP27 est justement un des pays africains les plus menacés par les changements climatiques, sur « le continent le plus vulnérable »,  considère le GIEC dans un rapport publié en octobre 2021. Plus de 100 millions d'Africains seront en effet menacés par le réchauffement du climat d'ici à 2030.