La mobilité partagée, synonyme de liberté?

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Si vous vous procurez votre première voiture à l’âge de 18 ans et que vous cessez de la conduire à 75 ans, vous aurez dépensé près d’un demi-million de dollars pour des véhicules que vous n’utilisez pas 95% du temps. Alors que les citoyens ouvrent leurs horizons sur des moyens de transport alternatifs, les villes doivent passer d’une infrastructure axée sur les voitures à une philosophie centrée sur les gens. Des représentants de l’industrie automobile, d’un service d’autopartage et de la MaaS discutent du besoin réel de mettre sur pied un écosystème de transport urbain multimodal. Lors du Sommet Movin’On 2018, Brigitte Courtehoux de PSA, Sampo Hietanen de MaaS Global et Sandra Philips de movmi se sont assis avec Oliver Moore de The Globe and Mail pour répondre à la question clé: la mobilité partagée peut-elle inspirer une nouvelle forme de liberté?

 

«Il faut reconnaître le génie de Henry Ford. L’automobile a offert aux gens la liberté ultime: la possibilité d’aller n’importe où. Nous devons proposer un rêve encore plus grand. Pour la même somme que vous dépensez pour votre voiture, nous voulons vous offrir le monde entier.»
– Sampo Hietanen, MaaS Global

 

Une offre de liberté

Selon Sampo Hietanen, les systèmes de transport doivent offrir la même promesse de liberté aux consommateurs: aller n’importe où, n’importe quand. Les citoyens doivent pouvoir se fier entièrement au système de transport en place, et être assurés qu’ils peuvent l’utiliser pour tous leurs déplacements. Les résidents de zones urbaines passent en moyenne 90 minutes dans les transports chaque jour.

«On a le pouvoir de vous redonner ces 90 minutes, explique Sampo Hietanen. Dès que la phase de production ouvrant la voie aux différents modes de transport sera terminée, notre unique préoccupation portera sur ce qu’on peut vous offrir».

 

Le soutien politique

Les politiciens doivent soutenir le changement. D’après Sandra Phillips, «les entreprises d’autopartage qui tentent de percer un marché font souvent face à une vive opposition. Il devient alors important de tisser des liens étroits avec les instances politiques qui croient en de tels projets.» Prenons le cas de Vancouver: en une dizaine d’années, le marché de l’autopartage de Vancouver est passé de 10 000 membres et environ 400 voitures à 200 000 usagers et 3 500 véhicules. Ceci pourrait expliquer en partie la baisse des ventes de véhicules alors qu’on assiste à une croissance de la population.

 

Assurer l’accessibilité

Le transport doit être abordable. «Il faut démontrer aux gens que l’auto partagée est un mode de transport avantageux. Vous utilisez votre voiture 5% du temps, alors que vous la payez pour y avoir accès 100% du temps», souligne Sandra Philips. Brigitte Courtehoux, quant à elle, explique que les jeunes sont beaucoup moins attachés à leur voiture et n’hésiteront pas à la partager si ça signifie qu’ils pourront l’utiliser gratuitement plus tard. Et ce ne sont pas des paroles en l’air: c’est la promesse du service Free2Move offert par PSA. Il s’agit d’une appli qui permet aux gens de trouver et de comparer des véhicules d’une grande variété de fournisseurs de covoiturage sur un seul appareil dans 33 villes en Europe et aux États-Unis. Des applications similaires, comme Transit, vont au-delà des services d’autopartage pour intégrer le vélo et le covoiturage, ainsi que le transport en commun. De plus, avec le soutien d’entreprises comme movmi, de plus en plus d’acteurs peuvent entrer sur le marché de la mobilité partagée.

Et si le rêve de liberté inspiré par la possession d’une voiture n’est pas encore entièrement réalisé par ces services, ils continuent néanmoins à croître d’année en année, tant en termes de villes couvertes qu’en termes d’usagers, ce qui pourrait entraîner un changement des habitudes dans un avenir proche.

Baisse des achats de voiture, hausse de la mobilité partagée?