MaaS et guichet unique: un nouveau modèle d’affaires en transport

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MaaS: A “one-stop shop” business model for transportation

La mobilité en tant que service vise à rassembler tous les moyens de transport (vélo-partage, autopartage, taxis, transport en commun) sous un seul service mobile, en une seule application. Grâce à une plateforme de paiement unifiée, les usagers peuvent évaluer facilement leurs options de transport et faire des choix en fonction de leur budget et de leurs valeurs environnementales. Lors du Sommet Movin’On 2018, Sampo Hietanen de MaaS Global a animé des sessions de travail avec Karri Salminen de CGI Finlande, Luc Lamontagne de la STM, Catherine Kargas de Marcon et Ali Haloui de la STL pour discuter des aspects commerciaux et citoyens de ce nouveau modèle commercial de transport.

Qu’est-ce qui rend la MaaS si intéressante? Une voiture coûte 30 000 $ et est utilisée moins de 5 % du temps en moyenne. Avec pour objectif de proposer une solution de rechange pratique et abordable à la propriété d’une voiture, MaaS Global a lancé l’application Whim, en 2016, à Helsinki. Première en son genre, elle a été téléchargée plus de 20 000 fois au cours des trois semaines suivant son lancement, et aujourd’hui, elle est adoptée par près de 50 000 usagers qui l’utilisent pour accéder aux taxis, au transport en commun et aux services d’autopartage et de vélos en libre-service, facturés à l’utilisation ou en forfait mensuel.

 

Trois avantages économiques de la MaaS

Comme l’a si bien dit Sampo Hietanen, «on a besoin de quelque chose pour rivaliser avec le rêve et la liberté de posséder une voiture.» Et pour les citoyens comme pour les entreprises, la MaaS pourrait faire rêver. Voici ce que nous pouvons tirer de ce type de modèles d’affaires:

  1. Réduction du trafic: moins de propriétaires de voitures signifie moins de véhicules sur les routes.
  2. Investissement dans l’économie locale: chaque fois qu’un acheteur acquiert une voiture, son pouvoir d’achat est écarté de l’économie locale. La MaaS constitue une occasion de remettre cet argent dans les poches des citoyens.
  3. Création d’emploi: grâce à une augmentation de l’utilisation des services d’autopartage, des taxis, du transport en commun et d’autres services de transport, de nouveaux postes seront créés dans la communauté.

 

Sept défis pour la MaaS

«Les villes doivent devenir des agents de changement, et la ville comme telle doit avoir une vision pour permettre ce changement,» affirmait Catherine Kargas lors du Sommet Movin’On 2018. Mais cela ne veut pas dire que le partage et la collaboration sont soudainement devenus naturels et faciles. Voici quelques-uns des obstacles qui doivent encore être surmontés:

  1. Partage de données: aujourd’hui, les données, c’est le pouvoir. Les compagnies accepteront-elles de partager ces atouts avec la compétition?
  2. Intégration des opérations: qui s’occupera des activités au quotidien?
  3. Propriété de la clientèle : les compagnies tendent à s’occuper en priorité de leur propre entreprise et de la rétention de leurs clients.
  4. Image de marque: le système actuel englobe plusieurs compagnies privées, chacune possédant sa propre identité. Un modèle de mobilité unifié nécessitera l’établissement d’une nouvelle identité commune.
  5. Manque de compréhension: demandez à un passant son opinion sur la MaaS, et vous recevrez sans doute un regard médusé en guise de réponse.
  6. Manque de collaboration: le paysage actuel du transport est composé de plusieurs entreprises indépendantes qui devront travailler ensemble afin de concrétiser la vision de la MaaS.
  7. Manque de cas concrets d’implantation éprouvés: sans études de cas sur lesquelles se baser, les villes doivent plonger et demeurer ouvertes aux essais et erreurs.

 

«La MaaS implique de nombreuses parties prenantes qui se trouvent également dans le secteur privé, dit Ali Haloui. L’idée est d’amener tout le monde à travailler ensemble pour atteindre ces objectifs communs.» En effet, conjuguer les efforts des secteurs privé et public pour l’atteinte d’un but commun permettrait d’actualiser une nouvelle vision de la mobilité.

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La mobilité partagée, synonyme de liberté?