Véhicule autonome : d’une approche technologique et urbaine à la mobilité inclusive et durable dans les territoires ?

Le véhicule autonome constitue un objet singulier. En 2017, le Premier ministre Édouard Philippe l’avait identifié positivement comme un « des rêves les plus fous », présents dès les premiers moments de l’automobile. Au fil des années, le véhicule est néanmoins devenu un objet plus clivant. Ses contempteurs dénoncent une nouvelle lubie technologiste, une innovation néfaste, en rupture avec les aspirations des citoyens concernant la protection de l’environnement.

À l’opposé, ses défenseurs le présentent comme le vecteur d’une nouvelle révolution dans le domaine de la mobilité, plus efficiente, plus sûre, plus durable, et surtout plus inclusive. Face à l’ampleur de ces interrogations et des mutations à venir, le thème du véhicule autonome s’est imposé à l’agenda des dirigeants d’entreprises et des décideurs politiques à partir du milieu des années 2010. 

Pour autant, loin des promesses d’inclusivité et de durabilité, il apparaît que le véhicule autonome a été principalement abordé sous l’angle de la technologie, insistant sur une forme de fatalisme technologique (techno push), et les usages de cette nouvelle solution de mobilité pensés avant tout dans un cadre urbain.

Cette double caractéristique tient au fait que le sujet a principalement été porté par les géants américains du numérique, qui ont contribué à faire passer le véhicule autonome d’un sujet de recherche à un sujet commercial. Les efforts réalisés par ces derniers ont eu pour conséquence de façonner l’imaginaire collectif autour du véhicule autonome. Ils en ont fait un objet de luxe pour des populations urbaines, loin des promesses d’accessibilité, d’inclusivité et de durabilité qui sont souvent mis en avant en Europe et en France pour justifier les investissements déployés autour de cette technologie. 

« L’ambition de la MACIF est de participer activement à l’émergence du véhicule autonome. Il convient d’oeuvrer pour qu’il favorise l’émergence d’une mobilité plus durable et qu’il offre une nouvelle solution de mobilité à ceux qui en sont dépourvus, en particulier dans les zones périurbaines et rurales. »

Jean-Philippe Dogneton,
Directeur général de la MACIF

Afin de dépasser ce fatalisme technologique et de sortir d’une appréhension essentielle urbaine de cette nouvelle technologie, la MACIF a initié en 2020 une communauté d’intérêt sur le véhicule autonome, hébergée au sein de Movin’On.

La Communauté d'Intérêt a déployé une démarche d’innovation ouverte, prospective et pré-concurrentielle autour du véhicule autonome. 

Dans cette perspective, la communauté regroupe 12 entreprises dont un pôle d’assureurs (Macif, Maif, BNP Paribas Cardif, Groupama), des acteurs membres du Movin’On LAB intéressés par le sujet (Michelin, Kantar, Orange, Faurecia, Microsoft, Vinci, SNCF), et enfin le cabinet Deloitte en tant qu’Exclusive Knowledge Partner.

Les travaux de cette Communauté d'Intérêt s’articulent autour d’une affirmation forte : MOBILITÉS POUR TOUS, AUTONOMIE POUR TOUS VIA LE VÉHICULE AUTONOME PARTAGÉ, DANS LES TERRITOIRES RURAUX ET PÉRIURBAINS.