Le rétrofit électrique intéresserait près d’un artisan sur deux

D’après le spécialiste du rétrofit Rev Mobilities et la mutuelle des professions de l'alimentaire (Mapa), « le remplacement du moteur thermique par un moteur électrique permettra aux artisans de l’alimentation de continuer à exercer leur métier dans les zones à faibles émissions (ZFE). » Les deux partenaires ont annoncé le lancement dès 2022 d'une offre spéciale afin d’accompagner les artisans dans la conversion de leurs véhicules utilitaires.

Le spécialiste du rétrofit en France (Rev Mobilities) et la mutuelle des professions de l'alimentaire (Mapa) ont publié, le 23 novembre, les résultats d'une enquête menée conjointement, en octobre 2021, auprès d’une centaine de sociétaires franciliens concernés par la mise en place de Zones à faibles émissions (ZFE) dans le secteur du Grand Paris.

Le développement des ZFE a pour objectif de limiter l’accès des véhicules polluants dans le cœur des villes. Partant d’une intention louable, ce dispositif place de fait les livreurs et les artisans-commerçants de l’alimentation dans une situation difficile. En effet, l’interdiction de circulation dans la zone à faibles émissions (ZFE) du Grand Paris implique déjà plus d’un quart de leurs véhicules. Et, d’après le calendrier fixé par la métropole, 59 % d’entre eux le seront au 1er juillet 2022 (Crit’Air 3) et 99 % d’entre eux dès le 1er janvier 2025 (Crit’Air 2).

Encore 98 % de modèles utilitaires thermiques

« La mise en place de 45 zones à faibles émissions mobilité ou ZFE en France d’ici le premier  janvier 2025 compliquera l’usage des utilitaires légers en milieu urbain. Cela concerne près de 17 millions de véhicules du parc roulant actuel en France, constitué à 98 % de modèles thermiques (diesel et essence) », précisent REV Mobilities et la MAPA.

D’après l’étude, seulement 3 % des sociétaires interrogés connaissaient le principe du rétrofit (conversion à l’électrique de tout type de véhicule à moteur thermique) avant la présentation de la solution par leur conseiller. Après en avoir pris connaissance, 46 % d’entre eux s’y intéressent désormais (notamment des boulangers, bouchers, vendeurs sur le marché et traiteurs). En particulier les artisans et commerçants dont la circulation de leur véhicule sous vignette  Crit’Air 4 ou 5 est interdite. La rédaction du site spécialisé flotauto.com rappelle que « cette infraction est passible d’une amende forfaitaire de 68 euros. »

NOUS DEVONS ACCOMPAGNER LES PROFESSIONNELS DANS LES GRANDS DÉFIS DE MOBILITÉ POUR QU'ILS PUISSENT CONTINUER DE CIRCULER ET D'EXERCER LEUR MÉTIER

Après l’analyse de près de 36 700 contrats d’assurance automobile de la MAPA, plus de 18 000 véhicules répondraient aux critères réglementaires et industriels du rétrofit électrique.

"Nous n'avons pas vocation à transformer l'intégralité du parc roulant, explique Arnaud Pigounides, fondateur du groupe Rev Mobilities. Toujours est-il que nous devons accompagner les professionnels dans les grands défis de mobilité pour qu'ils puissent continuer de circuler et d'exercer leur métier".

Fort de ce constat, Rev Mobilities, via sa filiale Rev Vehicles, et la Mapa ont planifié conjointement le lancement d'une offre de rétrofit pour les artisans.

Leur objectif est de proposer « 500 véhicules utilitaires dans les prochains 24 mois et des milliers après ». Ces voitures de société et fourgonnettes seraient adaptées à partir de 9 000 euros, contre 32 000 euros environ pour l’achat d’un véhicule électrique neuf d’un modèle équivalent.

Comme le souligne le site journalauto.com, pour convaincre les propriétaires de flotte, le spécialiste du rétrofit et le mutualiste entendent créer une solution de financement assortie de services associés. « Ainsi, à titre d'exemple, il sera possible de régler 9 000 euros HT ou de souscrire un versement de 145 euros sur 72 mois pour transformer un Renault Kangoo. 11 700 euros HT ou 188 euros sur 72 mois seront nécessaires pour un Renault Master. »

Renault, Stellantis, Daimler et Volkswagen se partagent à ce jour 95 % du parc roulant d’utilitaires légers des 100 sociétaires franciliens de la Mapa. Parmi eux, 22 % souhaitent recevoir une offre concrète dès que possible. Rev Mobilities va donc s'employer à obtenir l'homologation pour procéder au rétrofit des principaux utilitaires des marques citées de façon à couvrir rapidement les besoins, à commencer par le Master, le Trafic et le Kangoo de Renault.

En outre, la région Île-de-France a mis en place une aide aux artisans, TPE-PME, qui peut aller jusqu’à 2 500 euros pour le rétrofit d’un véhicule thermique en électrique ou hydrogène.

En conclusion, REV Mobilities et la MAPA sont convaincus que « le rétrofit est une alternative intelligente et économique à l’achat d’un véhicule électrique neuf ». Les deux partenaires ajoutent qu’il s’agit d’« un procédé efficace de mobilité durable qui répond aux enjeux environnementaux et aux principes de l’économie circulaire. »