Les mobilités aériennes urbaines à l’essai en vue des JO 2024

Les premières expérimentations dédiées aux nouvelles mobilités aériennes urbaines (à basse altitude) sont lancées sur l'aérodrome de Pontoise en région parisienne. Inédite en Europe, la plateforme fonctionnera comme une expérimentation concrète afin d’explorer le champ des possibles d'une aviation décarbonée et innovante.

La Région Île-de-France via l'agence Choose Paris Région, le Groupe ADP et le Groupe RATP ont inauguré le 25 novembre 2021, en présence du ministre français des Transports Jean-Baptiste Djebbari, la zone de tests dédiée aux nouvelles mobilités aériennes urbaines et durables sur l'aérodrome de Pontoise - Cormeilles-en-Vexin, situé à 35 Km au Nord-Ouest de Paris.

Deux lignes aériennes identifiées

Cet évènement donne le coup d'envoi des premières expérimentations en conditions réelles sur les véhicules électrique à décollage et atterrissage vertical ou eVTOL (Electric Vertical Takeoff and Landing aircraft) et tous les éléments permettant, à terme, leur exploitation. « Aujourd'hui ces engins volants, réalité de l'aviation décarbonée, offrent une multitude de perspectives autour d'usages pour le transport de personnes et de biens, dans un contexte de croissance continue des besoins de mobilités », précise le communiqué de presse.

« Il faut investir vite et fort dans la mobilité aérienne de demain, estime Jean-Baptiste Djebbari. C’est une course de vitesse qui se joue et qui a déjà démarré, avec la Chine et les États Unis. L’Europe ne doit pas être en queue de peloton et a tout pour peser. » Le  marché est porteur puisqu’il « va peser entre trois et quatre milliards d’euros d’ici la prochaine décennie », ajoute Catherine Guillouard, Présidente-directrice générale du groupe Ratp.

Les principaux défis pour faire émerger cette nouvelle technologie sont ceux de l'acceptabilité, de la sécurité et de la qualification des usages. Grâce aux tests de nombreux industriels qui vont se dérouler dans les mois à venir à Pontoise, les partenaires, aux côtés de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), étudieront différents scénarios de services pré-commerciaux pour les Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, autour de deux lignes : la première entre l’héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux et l'aérodrome de Saint-Cyr ; la deuxième entre les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Le Bourget, sur un site parisien qui reste à déterminer.

TOUS LES INGRÉDIENTS DU SUCCÈS SONT LÀ

Au salon du Bourget de 2019, le Groupe ADP, le Groupe RATP et Airbus avaient annoncé le lancement, avec le soutien du ministère des transports, d'une étude pour la mise en œuvre d'un service de mobilité aérienne urbaine dans la perspective des jeux Olympiques de 2024. Le Ministre délégué aux Transports se félicite de voir une des suites concrètes de ce partenariat se réaliser avec l'écosystème qui se rassemble à Pontoise: « L'Etat est pleinement engagé sur les financements avec déjà près de 25 millions d'euros apportés par le Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile (CORAC) pour le développement des taxis volants, mais aussi pour l'accompagnement des projets avec la DGAC et l'Agence de l'Innovation pour les transports. Tout se met en place : partenariats, innovation, zone d'essais, réglementation, financement. Tous les ingrédients du succès sont là, il ne reste plus qu'à le réaliser », a déclaré Jean-Baptiste Djebbari.

En septembre 2020, la structuration d'une filière en Île-de-France autour des nouvelles mobilités aériennes urbaines (UAM pour Urban Air Mobility) a été initiée à travers le lancement d'un appel à manifestation d'intérêt. Une trentaine d'industriels ont été retenus pour réaliser des tests autour des composantes suivantes : modélisation et mesures acoustiques, phases de vol et intégration dans l'espace aérien, opérations de maintenance et de recharge ou encore parcours passager.

Pour mener à bien ces tests dans les meilleures conditions, le Groupe ADP a effectué en 2021 une série d'aménagements sur le site de Pontoise : zone d'atterrissage et de décollage, postes de stationnement, taxiway, adaptation du hangar, etc.

Thales fait la démonstration de son système anticollision

L'ouverture de la zone d'expérimentation de Pontoise a été marquée, le 25 novembre 2021, par des essais grandeur nature. Ainsi, Thales a fait la démonstration en condition réelle de son système embarqué anticollision "Detect & Avoid". Dans le premier scénario, deux hélicoptères se déplacent sur le même couloir aérien mais pas à la même vitesse. Dans le second scénario, les deux appareils arrivent l'un en face de l'autre. Le système de Thales permet aux  hélicoptères de recevoir des informations en temps utile, via un algorithme, de réagir et d’éviter ainsi une possible collision.

Le fabricant d'un avion 100 % électrique, Pipistrel, a effectué pour sa part une opération de recharge, puis un vol, grâce au système certifié de la société Green Motion et orchestrés par la Fédération Française Aéronautique (FFA), puis Skyports un vol de drone dédié à la logistique, en particulier pour le transport médical (poches de sang, kits sanitaires…).

D'autres campagnes de tests s'organiseront autour de trois grandes thématiques. La première concernera  l’impact acoustique et vibratoire, avec la réalisation par le groupe RATP d’une première campagne de mesures dès mars 2022, en collaboration avec Bruitparif et la DGAC, à l’occasion de plusieurs vols effectués par Volocopter. Il s’agira de quantifier, prédire et simuler les émissions d’un véhicule électrique à décollage et atterrissage vertical afin de répondre aux enjeux d’acceptabilité.

La bonne intégration des drones et des eVTOLs dans le trafic aérien conventionnel, avec toutes les conditions de sécurité nécessaires, pourra être éprouvée à Pontoise, afin de s'assurer de la bonne cohabitation avec les autres aéronefs.

À L’APPROCHE DES JEUX OLYMPIQUES DE 2024, LA MAÎTRISE DE CES NOUVELLES TECHNOLOGIES ET USAGES DANS UNE ZONE DENSE COMME L’ÎLE-DE-FRANCE N’EST PAS UNE OPTION

Enfin, les différents aspects du parcours passager seront étudiés avec le déploiement d'une infrastructure d'accueil modulaire de type " Vertiport " conçue par l'opérateur britannique Skyports en collaboration avec le Groupe ADP. Ce dispositif permettra d'expérimenter les opérations d'embarquement et de débarquement, de recharge et de maintenance des véhicules, à partir de juin 2022.

 

Au-delà de Volocopter, d'Airbus, de Vertical Aerospace ou d'Ascendance, les constructeurs allemand Lilium et américain Joby Aviation ont également annoncé rejoindre l'écosystème francilien structuré autour de la zone de test de Pontoise.

D'autres constructeurs d’eVTOLs pourraient également suivre cette voie au cours des prochains mois. Les premiers véhicules électriques à décollage et atterrissage vertical devraient prendre leur envol dans le Val-d'Oise en février 2022.

« À Pontoise, nous testerons toutes les composantes de l'Urban Air Mobility, annonce Augustin de Romanet, Président-directeur général d'Aéroports de Paris SA. Le Groupe ADP y jouera pleinement son rôle d'agrégateur d'activités pour faciliter l'émergence de nouveaux usages conciliant allègement de l'empreinte environnementale, innovation et utilité commune. »

« Outre notre soutien à l’avion électrique ou encore au développement de solutions centrées sur l’hydrogène dans l’aviation, cette initiative participera à renforcer notre statut de première région européenne en matière d’aéronautique et de spatial. À l’approche des Jeux Olympiques de 2024, la maîtrise de ces nouvelles technologies et usages dans une zone dense comme l’Île-de-France n’est pas une option », a affirmé Alexandra Dublanche, Vice-Présidente de la Région Ile-de-France.