Gazelle, la micro voiture électrique qui roule au bon sens

La Gazelle est une petite voiture électrique conçue en fonction de la simplicité et du bon sens. Imaginée par une jeune pousse française, le concept est frugal: fabriquer des voitures électriques légères et abordables dans des "micros usines". L’ambition est de créer un écosystème durable permettant d’assurer la pérennité de nos déplacements quotidiens, grâce à la simplification de la production et la réduction du coût d'usage.

La Gazelle roule déjà. Le prototype qui vient d’être terminé est développé depuis plusieurs années par une jeune pousse bordelaise apparue en 2014 et dont le fondateur Gaël Lavaud est un ancien de la direction du développement de Renault.  

Exporter les usines plutôt que les voitures

Gazelle Tech a imaginé un modèle industriel de rupture reposant sur la relocalisation de la production au plus proche des clients. Ses véhicules sont destinés à être assemblés dans des micro-usines approvisionnées par conteneurs de pièces détachées. Pour le moment, la conception et la fabrication des carrosseries autoporteuses sont effectuées dans la Région Aquitaine, berceau industriel des matériaux composites haute performance pour l’industrie aéronautique. Et la première « usine » du genre se situe à Blanquefort, dans la banlieue bordelaise.

L'INTÉRÊT DES MICRO USINES EST QU'ELLES PERMETTENT DE DÉVELOPPER UNE ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE AVEC TRÈS PEU D'INVESTISSEMENT LÀ OÙ IL N'Y A RIEN

Le patron de l ‘entreprise rappelle dans un entretien avec France 3 Régions qu’ "à l'inverse des gigafactories qui vont concentrer la production à un endroit puis exporter dans le monde entier, là on veut au contraire répartir dans le monde entier des micro factories et créer des emplois qualifiés localement. » Gaël Lavaud pense que là est le futur de l'industrie.

"L'intérêt des micro usines est qu'elles permettent de développer une activité économique avec très peu d'investissement là où il n'y a rien. Elles sont adaptées pour créer de l'emploi dans nos campagnes et dans des pays émergents qui n'ont pas de constructeurs". L’autre avantage du déploiement de ces unités de production modulaires ou micro-ateliers d’assemblage est qu’il peut se faire très rapidement. Il est même accompagné d’un transfert de technologie permettant d’adapter les véhicules aux spécificités locales.

La consommation d’une voiture dépend à 75 % de sa masse

Gazelle Tech se présente comme le 1er constructeur de véhicules périurbains entièrement en matériaux composites. Son objectif est clair : devenir le leader européen du véhicule durable. Partant du constat que la consommation d’une voiture dépend à 75 % de sa masse, l’entreprise a développé la technologie brevetée Aerocell de carrosserie autoporteuse en matériaux composites qui permet d’alléger drastiquement le véhicule, tout en conservant le confort et la sécurité. L'auto pèse environ 900 kg (grâce à une coque en fibre de verre) batteries comprises et son économie énergétique atteindrait 40 %.

RÉDUIRE L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DES VÉHICULES TOUT EN CONSERVANT LE CONFORT ET LA SÉCURITÉ ACTUELS

Ce n’est pas anecdotique. Le poids moyen des automobiles de grande série a doublé depuis les années 1960 pour gagner en confort et sécurité, mais au détriment de la consommation de carburant. En 1949, un véhicule pesait 500 kg environ. En 2013, une voiture citadine peut atteindre plus de 1200 kg et consommer 5,5 l/100 km, l’équivalent de 130 g de CO2/km.

L’assemblage du châssis d’une Gazelle ne demande qu’une heure, car il n’y a que 10 éléments à assembler contre 300 pour une voiture classique. Les matériaux utilisés par l’entreprise sont essentiellement de la fibre de verre, associée à d’autres éléments peu coûteux mais dotés d’excellentes propriétés en termes d’absorption d’énergie et de rigidité. Parmi les missions de Gazelle Tech, il est question de « réduire l’impact environnemental des véhicules tout en conservant le confort et la sécurité actuels ».

L’utilisation des composites va rapidement se généraliser dans l‘automobile à l’instar de ce qui s’est passé dans l’aéronautique, estime la startup.

Promouvoir une mobilité durable

« Nos véhicules s’adressent aux entreprises et collectivités territoriales souhaitant promouvoir une mobilité durable, tout en optimisant le coût de leur flotte de véhicules ». En Europe, le véhicule est équipé d’un moteur électrique. « Comme nous utilisons 2 fois moins de batteries que les concurrents, nos véhicules permettent à nos clients des économies de 15% sur 5 ans. »

L’autonomie revendiquée du prototype est de 180km à une vitesse maximale de 100 km/h, pour 4h de recharge sur prise domestique. Pour les pays émergents, une version à essence est prévue.

Gazelle Tech prévoit d'homologuer définitivement son produit à l’automne 2022 pour  commercialiser son auto. L'entreprise vise un tarif de 20 000 €, hors bonus écologique. Et si cette simplicité était le futur de l’automobile?